Kilema fait gémir les cordes du marovary (harpe malgache), de la kabosy (petite guitare malgache) et du katsa (hochet fait d’une boite de conserve) pour le simple plaisir de se mettre l’âme à l’envers. En paix avec les détours d’une vie à laquelle les malgaches s’accrochent joyeusement, Kilema lance Mena (rouge), son nouvel album : il y dénonce la violence ( dans son titre Mena), la trahison fraternelle (Raha Loza, Longo), le terrorisme (Lamasiny), le problème de l’eau (Meo Rano) et la délinquance dans les villes (Moramora). Cette armure de revendications accompagnée de chants du répertoire folklorique habite brillamment cet album réussi, tel un monde dont les titres auraient le pouvoir magique de changer l’éclairage avec impertinence.